

Je suis un peu masochiste je suppose... J'ai placé le tout début du récit sur CoCyclics, afin d'avoir des avis extérieurs. Le résultats a été un peu
douloureux, mais je me suis courageusement attaquée à un travail de corrections / réécriture sur ce passage pourtant traité un nombre incalculable de fois.
Voici donc une nouvelle version du tout début du récit "Dans les pas de Roanne". Sur le fond rien ne change, mais sur la forme (hum hum, s'éclaircit la
gorge).
Je sais pertinemment qu'il me faudra appliquer le même traitement sur, au minimum, les quatre premiers chapitres. Je commençais à peine à écrire, donc il reste énormément de maladresses et de
défauts, malgré le gros travail déjà effectué avec l'aide de Chwip. Je constate surtout que mon style a évolué, bien que je m'en défende : il fallait s'y attendre vu que je mets des mois et des
mois à avancer. Il faut donc que j'homogénéise mes chapitres.
Je me souhaite bonne chance à moi-même, sachant que pour le moment je vais d'abord me concentrer pour TERMINER le récit. Je vais certainement revoir mes
ambitions à la baisse pour ne pas passer les trois prochaines années dessus.
Bien entendu, votre avis est le très bienvenue sur cette nouvelle mouture : si elle vous plait, je la basculerai en lieu et place de la
précédente.
Pour comparer, vous pouvez zieuter la version de cet
automne.
30ème jour du dixième mois de l’an 3423.
Vingt-quatrième année du règne du Roi Edhemar et de la Reine Héloïse.
Mes paupières se sont ouvertes et fermées plusieurs fois, hésitantes et frémissantes, à la façon des ailes fragiles d’un papillon. Avec l’automne les jours
raccourcissent, je sens qu’il me faudra encore quelques temps pour m’y habituer. En attendant, j’ai eu beaucoup de mal à me réveiller ce matin et je suis restée blottie plus que nécessaire sous
mon édredon. J’ai toujours préféré rester couchée quand il fait encore nuit. Après avoir trouvé le courage de me lever, je me suis lavée et habillée péniblement avant de descendre à la
cuisine en traînant des pieds. Tynha, matinale, m’a regardée d’un air moqueur. J’ai bien tenté de me couvrir, mais ma petite sœur était d’humeur effrontée : elle m’a soufflé que je cherche
toutes les excuses possibles pour me justifier, lorsque je me présente en retard. Maudite soit-elle ! Elle bénéficie d’horaires plus faciles à vivre que les miens, elle pourrait au moins avoir la
décence de l’admettre. Je suis cependant sans illusions à ce sujet.
Tynha est très belle, ce qui est bon pour attirer la clientèle masculine dans n’importe quelle taverne. Mais elle est encore jeune, elle vient juste de fêter
ses dix-neuf ans, alors le Patron préfère éviter qu’elle travaille le soir. Thomas nous considère comme ses filles : il souhaite que sa dernière reste en sûreté, il lui a donc proposé de
servir le jour. Tynha est habituellement douce et souriante : vers seize heures, lorsque les dames viennent se réchauffer au salon de thé, elle trouve toujours le bon mot, le compliment qui
va droit au cœur. C’est un plaisir pour les habituées qui l’adorent, et le salon n’a jamais si bien tourné. Celui-ci est situé à l’étage, avec un accès indépendant pour s’y rendre sans croiser
les soiffards de la salle commune.
Ainsi, Tynha s’active en journée et fait de bonnes nuits. Ce n’est pas mon cas : je me lève tôt pour
aider la Patronne à servir les déjeuners des voyageurs qui nous quittent de bonne heure. Je m’arrête vers neuf ou dix heures, et je reprends mon service aux alentours de vingt heures, en fonction
des besoins. Ces horaires m’obligent à dormir en deux temps, ce qui n’est pas un cycle naturel.
Je l’admets, je l’ai un peu voulu ainsi car
je n’aime pas servir le midi : je n’apprécie pas d’être enfermée dans la journée. J’ajoute que je suis plus expérimentée que Tynha pour éviter une main baladeuse ou pour remettre un client à
sa place sans froisser sa susceptibilité. Ce qui est fréquent en soirée et totalement dépendant des quantités de vin et de bière ingurgitées.
Toujours est-il qu’il y a des jours avec et des jours sans. Aujourd’hui, je crois que c’est sans !
J’ai eu un mal fou à m’extirper de la chaleur de mon petit lit, et je n’ai rien trouvé à sa place dans mon armoire. J’ignore ce que j’ai fabriqué cette nuit
quand je suis montée me coucher. Ce qui est certain, c’est que je n’avais pas bu une goutte d’alcool, c’est une règle pour les serveuses : nous ne sommes pas des hôtesses.
Ce matin je n’étais déjà pas en avance, le temps que je mette la main sur ma tenue de service, mon humeur avait « viré mauvaise ». Là-dessus, j’ai
eu droit aux boutades de ma sœur. J’ai avalé mon déjeuner en ronchonnant comme moi seule sais le faire, d’après Monik. Lorsque que j’ai rejoint cette dernière à la salle, elle était déjà en
pleine activité.
Pendant les heures de travail, j’appelle ma mère adoptive « la Patronne » uniquement pour donner le change aux clients.
J’ai une affection profonde pour elle. Monik a toujours été là, m’entourant de tendresse, du plus loin que je me souvienne. Elle reste ma confidente privilégiée lorsque j’ai des doutes trop
intimes pour en faire part à ma sœur ou mes amies. Elle cultive les simples dans un coin du jardin dont elle a fait son domaine réservé.
Mon service du matin s’est heureusement bien déroulé, comme la plupart du temps. Notre auberge est située dans un bourg calme, qui s’est développé grâce à la
route importante qui le traverse.
C’est excellent pour le commerce, néanmoins nous sommes entourés par la campagne, avec ses avantages et ses désagréments. Ainsi, comme s’en plaint
régulièrement Tynha, ce n’est pas l’endroit idéal pour suivre la dernière mode. Il est certain que pour des coquettes, ce que nous sommes, la grande ville est loin : il s’agit d’Agarand, le
centre administratif de notre conté.
Il y a de cela un mois à peine, le Patron nous a offert deux semaines de congés pour que nous puissions nous y rendre. Il nous a fallu cinq jours pour
effectuer le trajet avec la roulotte. À cheval, trois ou quatre auraient suffit, mais ma petite sœur n’est pas une cavalière.
Nous avons rapporté de là-bas des vêtements, des parfums, ainsi que des accessoires pour agrémenter nos tenues. Des trucs de filles. Je rouspétais contre
Tynha à cause de ses railleries matinales, je dois pourtant admettre qu’elle n’a pas son pareil pour trouver les tissus qui s’accordent et les bottines qui vont avec.
À côté d’elle, je ne suis qu’une moitié de femme. J’étais donc bien contente de faire mes achats en sa compagnie, surtout que cette excursion a été
excellente pour notre moral. J’ai conscience qu’il s’agissait pour nos parents d’une façon de nous remercier de la qualité de notre travail.
Je remonte dans ma chambre et j’ai la légère impression qu’elle est encore plus en désordre. Non, je ne rêve pas : sur ma coiffeuse, ma brosse et mon parfum
ne sont plus à la même place. Je suis perplexe, ma porte était pourtant verrouillée. Les membres de la famille possèdent un double, cependant ils n’ont pas de
raison de venir pendant mon absence, ce n’est pas dans leurs habitudes. Je ne vois vraiment pas pourquoi quelqu’un serait entré, juste pour déranger quelques objets.
Il ne manque rien, en apparence du moins. J’essaierai de trouver une explication plus tard car je suis trop fatiguée. Je me déshabille prestement pour me mettre au lit, impatiente de retrouver sa
chaleur douillette.
J’ai promis à Tristhan de passer le voir à l’écurie. Un nouvel étalon lui a été confié, quelques clients l’ont aperçu et prétendent qu’il est d’une beauté à
couper le souffle. Il faut que je sois en forme pour ma visite.
Alors que je m’endors, j’ai la vague impression d’entendre un grattement et
un délicat piétinement. Mais je suis déjà passée de l’autre côté, et mon sommeil est trop lourd pour être de nouveau perturbé.
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