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Je vous invite dans mon univers avec sa touche fantasy - fantastique assumée, y compris dans les cuisines et dépendances. Merci de ne pas poser vos pieds sur la queue des chats ! Pour tout savoir sur la bannière, cliquez ici.



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Je vous souhaite par avance une bonne lecture.


(illustration : Alda)

Ch. 1 "Mutine lutine"
Ch. 2 "Tristhan et Atalaï"
Ch. 3 "La routine mon amie"
Ch. 4 "L'auberge (...)"
Ch. 5 "Une nouvelle (...)"
Ch. 6 "Altération"
Ch. 7 "Les plateaux de l'Ars"
Ch. 8 "La morsure"
Ch. 9 "Aleenor la grande"
Ch. 10 "Le conseil (...)"
Ch. 11 "La bibliothèque"
Ch. 12 "Le chancelier"
Ch. 13 "Quelques brasses"
Ch. 14 "Soirée royale"
Ch. 15 "Droit vers l'est"
Ch. 16 "Apparaître et..."
Ch. 17 "La chute"
Ch. 18 "Solstice d'été"
Ch. 19 "Convalescence"
Ch. 20 "La source"
Ch. 21 "La poursuite"
Ch. 22


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Vendredi 13 janvier 2006
Dans les pas de Roanne - Chapitre 5 "Une nouvelle année sanglante" - partie 2 - Tous droits réservés -


Alhia est en pleine discussion avec Maître François, à propos d’un nouveau mors pour Pomme d’Amour. Lorsque nous interrompons ces échanges, l’expression de Belvis est telle qu’un pli se forme en travers du front de Maître François. Il se doute que quelque chose ne va pas. Je ne tiens personnellement pas à annoncer à Alhia que nous devons rentrer immédiatement pour ne plus quitter les Trois Dragons. Sans poser de questions ni attendre d’explications. Ce qui tombe bien car Arthus et Belvis s’en sortent parfaitement pour faire passer le message, avec le tact qui les caractérise. Ils invitent Alhia à se joindre à moi pour retourner à l’auberge car je ne me sens pas très bien. L’excuse est superbe. Bien entendu ils vont nous raccompagner, d’autant plus qu’ils doivent faire une course rapide en dehors de Niwerand. C’est si bien amené et enrobé que j’ai juste à faire en sorte de ne pas avoir l’air dans mon assiette. Ce qui devrait me permettre de réussir à tenir ma langue. Mais j’ai bien du mal !

L’après-midi se termine en douceur aux Trois Dragons. Comme je ne suis pas censée être en forme, j’évite de trop parler et je fais tout au ralenti. Mais intérieurement, je bouillonne. J’espère que je ne serai pas écartée par les Gardes et qu’ils m’en diront un minimum sur ce qu’ils ont découvert.

Le soir même, les personnes les plus influentes de Niwerand sont réunies aux Trois Dragons. Je dois leur permettre de discuter ensemble à l’abri d’oreilles indiscrètes, et un salon privé s’y prête de façon confortable. Je ne suis pas conviée à cette réunion, évidemment. Je monte rapidement dans les combles. J’espère y trouver Niña, mais elle est toujours absente. Je tente quand même ma chance dans la chambre de Tynha, adoptée par Alhia, puis au salon de thé. Je retourne à la cuisine, dépitée. Je suis persuadée que sans l’aide de Niña, je ne saurai rien de plus ce soir, si ce n’est que les intervenants de la réunion ressortent avec un air soucieux.

Mais Alhia, Monik, Petit Mark, Oedun et moi-même sommes appelés dans la taverne par Thomas. Les trois Gardes Royaux nous rejoignent, ainsi que Maître Jocelin. Les quelques clients de l’auberge et les habitués présents haussent un sourcil interrogateur. Arthus prend la parole :

« Il y a quelques jours, un paysan a découvert la carcasse d’un arwanc mutilé. Ce paysan habite à deux jours de marche de Niwerand. Un autre animal a été découvert aujourd’hui au nord du bourg. Le procédé rappelle celui d’un prédateur qui vient des monts de Nameland, pisté depuis cet été sans succès. J’ai vu de mes yeux, ainsi que Belvis, de quoi il est capable. C’est impressionnant. Par précaution, nous allons demander aux habitants des alentours du bourg de ne pas rester dehors à la nuit tombée, tant que l’animal n’aura pas été trouvé et abattu. Nous passerons l’instruction de barrer les portes, les fenêtres, ainsi que les étables pour éviter d’autres éviscérations de bétail. Pour le bourg, les portes seront fermés dès la tombée de la nuit. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’instaurer un couvre-feu. Ça ne me fait pas plaisir non plus Monik, mais cette menace n’est pas à prendre avec légèreté. »

En effet, en entendant parler de couvre-feu, la Patronne a tiqué. S’il faut en venir à une telle extrémité, cela nous ferait du tort. Tout le monde commence à parler en même temps. Les questions fusent. Seul Oedun n’a pas l’air trop concerné, il a la tête ailleurs semblerait-il. Alhia s’inquiète pour ses parents, dont la propriété est en dehors du bourg. Arthus, aidé par Thomas et Maître Jocelin, essaye de répondre aux différentes questions en donnant le moins de détails possible. Il se veut rassurant, mais suffisamment inquiétant pour que les mesures prises soient acceptées. Je n’ose même pas imaginer les vagues qu’elles vont soulever lorsque le Maire les diffusera demain à l’ensemble de la population. Je suis pour ma part toujours aussi nerveuse. Ainsi, les Gardes ne m’avaient pas menti. Arthus a même parlé d’éviscération. Ce terme barbare seul me fait craindre l’animal qui devient soudainement terriblement concret. J’imagine une sorte dragon qui aurait pris goût au sang. Mais il est impossible qu’un dragon soit traqué sans succès depuis des mois ! Nos clients du bourg rentrent chez eux, pour commencer à faire circuler l’information. Ceux de l’auberge discutent un peu et montent se coucher. La taverne est terriblement calme. Alhia discute avec Enselin. Ils viennent me voir. Nous convenons de passer chez les parents d’Alhia le lendemain pour discuter des mesures avec eux. Alhia a besoin de les savoir en sécurité. Ce soir, je remarque que nous avons un invité en plus. Maître Jocelin a noté qu’il est tard et que la journée a été assez éprouvante, Thomas lui a proposé de rester pour la nuit et il a accepté.

Alhia a du mal à aller se coucher, mais la fatigue fini par avoir raison de ses inquiétudes. Pour ma part, je tombe dans un profond sommeil dès que je m’allonge.

 

8ème jour du premier mois.

 

Ma blonde amie m’attend en tenue de cavalière, lorsque je quitte ma chambre en tout début d’après-midi. Nous filons à l’écurie en silence pour préparer les chevaux. Enselin nous rejoint, nous nous mettons en selle et nous rendons aussi rapidement que possible au domaine des Niwarec.

Alhia parle un certain temps avec ses parents, qui font appeler les personnes qui travaillent sur le domaine pour qu’Enselin puisse leur passer des consignes. Il leur explique la situation et les invite à ne pas circuler de nuit seuls et sans moyen de se défendre. De telles nouvelles, véhiculées par un Garde Royal, ont tout de suite du poids.

Mon amie souhaite un bon après-midi à ses proches, nous nous remettons en selle et revenons vers le bourg. Nous galopons tranquillement, profitant du soleil déjà bas. Nous passons une courbe et c’est alors que nous le voyons. Le corps d’un gros bœuf, qu’une haie nous cachait à l’aller. Il est dans un état atroce. Nous arrêtons les chevaux sans même en avoir réellement conscience. Sa simple vue me retourne l’estomac, je retiens à grand peine un hoquet. Alhia gémit. Les chevaux, qui commencent à sentir l’odeur de la mort, montrent immédiatement des signes de nervosité. Enselin nous jette :

« Je vous ramène à Niwerand, ne regardez pas d’avantage ! Bon sang, déjà une nouvelle attaque… et si près des habitations, ça devient inquiétant ! »

Nous repartons au galop, en silence. À peine arrivés à l’écurie, nous voyons Enselin s’en retourner avec les autres Gardes. Nous nous occupons de nos chevaux sans un mot. Je crois que j’ai encore l’estomac au bord des lèvres. Nous allons rapidement nous réfugier dans le salon de thé. Mais nous ne parlons pas de ce que nous avons vu. L’image du bœuf affreusement mutilé est tellement fraîche dans nos esprits… C’est difficile à croire.

Je finis par me lever pour aller prendre mon service. Lorsque je descends à la taverne, un peu anxieuse de la façon dont je vais annoncer les dernières nouvelles à mes parents, je découvre un nouveau client. Un homme de petite taille incroyablement trapus. Il doit avoir une cinquantaine d’années, porte une barbe courte. Il a un visage souriant à la peau tannée, qui fait ressortir le bleu profond de ses yeux. Il a l’air extrêmement sympathique, tout en dégageant une impression de force étonnante. Il ressemble à un bûcheron déguisé en chasseur.

Il est accompagné d’un animal incroyable, que Petit Mark va avoir bien du mal à héberger dans notre écurie : un énorme sanglier. Le nouveau client parle avec Thomas, qui lui accorde toute son attention. Il a un accent que je ne reconnais pas, il roule les ‘r’ et transforment les ‘u’ en ‘ou’ d’une façon très agréable. Ça voix profonde est douce à écouter.

« C’est mon compagnon. Aussi fidèle et plous intelligent qu’un chien, infatigable. Crrroyez-moi, des bestiaux comme ça on n’en voit pas dans votrrre conté. Car il vient comme moi de l’est du rrroyaume. C’est une espèce bien parrrticoulièrrre. Je suis trrrappeur prrrofessionnel, vous comprrrenez ? Alorrrs la prrrésence d’oune bête comme ça à mes côtés, bien drrressée, c’est bon pourrr mes affairrres. »

Je salue ce sympathique arrivant, faisant ainsi la connaissance de Thraec.



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