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Je vous souhaite par avance une bonne lecture.


(illustration : Alda)

Ch. 1 "Mutine lutine"
Ch. 2 "Tristhan et Atalaï"
Ch. 3 "La routine mon amie"
Ch. 4 "L'auberge (...)"
Ch. 5 "Une nouvelle (...)"
Ch. 6 "Altération"
Ch. 7 "Les plateaux de l'Ars"
Ch. 8 "La morsure"
Ch. 9 "Aleenor la grande"
Ch. 10 "Le conseil (...)"
Ch. 11 "La bibliothèque"
Ch. 12 "Le chancelier"
Ch. 13 "Quelques brasses"
Ch. 14 "Soirée royale"
Ch. 15 "Droit vers l'est"
Ch. 16 "Apparaître et..."
Ch. 17 "La chute"
Ch. 18 "Solstice d'été"
Ch. 19 "Convalescence"
Ch. 20 "La source"
Ch. 21 "La poursuite"
Ch. 22


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Dimanche 27 avril 2008
Dans les pas de Roanne - Chapitre 21 "La poursuite" - Partie 6 - Tous droits réservés -


20ème jour du huitième mois

 

Nadia nous a quitté hier pour rejoindre d’autres Gardes Royaux restés en faction dans la région depuis deux mois. Elle n’est pas censée nous avoir rejoints et accompagnés. Elle va attendre de son côté que les instruction de remonter à Aleenor lui parviennent de façon officielle. J’ai déjà hâte de l’y retrouver, ainsi qu’Alhia, Lily, Vivianne et les autres. Le soutien plein de tact de la Gardienne m’a été vraiment indispensable ces derniers jours : il y a des choses que les hommes, même pleins de bonne volonté, ne pourront jamais comprendre.

Tout en me faisant ces réflexions, je repense à mon cuir que je regrette amèrement d’avoir sacrifié. J’espère que je trouverai de nouveau un trois-quart de cette qualité. En attendant je suis solidaire avec mes compagnons, nous forçons le train depuis ce matin car nous avons eu connaissance d’une nouvelle qui nous inquiète.

Des lutins venus du nord sont parvenus à nous retrouver. Ils ont déployé leurs propre capacités à utiliser les flux, je l’ai senti, pour voyager plus vite et venir à nous alors qu’ils n’avaient qu’une vague idée de l’endroit où nous pouvions bien nous trouver. Les membres du Petit Peuple qui nous accompagnent depuis le départ les ont aidé à se ressourcer. J’ai ainsi pu constater l’incroyable efficacité des artefacts car l’un d’eux a été mis à contribution. Avec Oedun, nous avons laissé nos compagnons en arrière pour discuter avec les petites créatures. Le message qu’elles nous ont passé étant ce qu’il est, nous les avons remercier sans nous attarder davantage pour prévenir le reste de notre groupe. La mine sévère, cachant un début de colère, Arthus a donné ses directives avec autorité : il faut être à Montay avant ce soir.

Le chancelier d’Etressange est sur le chemin du château, nous devons y parvenir avant lui afin de sauvegarder les apparences. De ce fait, avant que nous ne lancions nos chevaux pour une dernière chevauchée à grand train, j’ai demandé aux lutins un service : qu’au moins l’un d’entre eux prenne les devants afin de faire prévenir Laus. Celui-ci pourra ainsi préparer notre arrivée ou du moins trouver une excuse à servir au politicien s’il nous devance. Les seules pauses que nous ferons seront pour les animaux.

J’essaye tout de même de discuter avec mes compagnons pour nous mettre d’accord sur le discours que nous tiendrons, que nous arrivions avant le chancelier ou non. Que dire à mon sujet, en effet, moi qui était censée rester à Montay trois mois alors qu’il serait bien que je puisse retourner à Aleenor au plus tôt ? C’est Belvis qui propose la solution la plus logique, celle qui me paraît crédible : une erreur de diagnostique. Il suffira de dire que mes côtes n’étaient semble-t-il pas brisées, que je souffrais plutôt d’un froissement musculaire ou quelque chose dans ce goût-là. Le soigneur de la famille de Montay trouvera bien comment me couvrir d’autant plus que ce n’est pas une personne dont l’ego souffrirait de voir sa réputation un peu malmenée par les circonstances. Quant à mon bras, cela fait presque deux mois que ma chute me l’a fracturé, donc je devrais officiellement quitter mon attelle ces jours-ci. Quoiqu’il arrive au sujet d’Etressange, je pourrai quitter Montay d’ici quelques jours pour remonter sur la capitale. Mais pour le moment, nous essayons tout de même de gagner de vitesse sur cet homme dont je ne sais toujours pas vraiment ce qu’il faut penser.

Les Gardes et le chasseur n’en ont pas conscience mais les lutins nous aident de façon subtile, en soutenant nos montures et le sanglier : lorsque nous les arrêtons pour les faire boire, Thraec le premier le remarque : les chevaux sont frais. Je fais un clin d’œil à Oedun mais je n’ajoute rien. Cependant je note qu’Arthus m’a vu faire, il a tout d’abord une expression surprise puis secoue la tête avec un petit rire : il a compris. Je me contente de lui répondre d’un sourire entendu, mais j’en profite pour lui jeter un regard sur lequel il ne peut se méprendre. Ce soir nous serons à Montay, je veux retrouver mon amant. Je ne laisserai pas la tension de cette dernière chevauchée m’éloigner davantage d’Arthus. Cela fait plusieurs jours que nous conservons une distance et nos ébats me manquent déjà, même si j’ai apprécié à leur juste valeur les tendres échanges que nous partageons avant de nous endormir.

Cependant ce n’est plus le moment de me laisser déconcentrer par ces éléments très personnels : nous arrivons et il va falloir nous séparer. Les Gardes vont retourner au château en faisant mine de rentrer d’une petite mission qui les a conduit dans l’est. Thraec va rester dans le bourg pour essayer de repérer d’éventuels hommes de main du chancelier et les garder à l’œil. Oedun et moi allons passer par l’issue que j’avais empruntée avec l’aide de Claude. C’est le point le plus délicat, nous croisons les doigts pour que le chancelier ne soit pas encore arrivé et que nous ayons le temps de nous réinstaller et de retrouver nos repères.

Avant que notre groupe se disperse, Arthus me regarde longuement puis murmure :

« Tout ira bien, d’accord ? Même si d’Etressange est arrivé avant nous, même s’il sait, tiens-t’en à l’histoire que nous avons prévue. Nous vous laissons de l’avance : Belvis et moi allons attendre un peu, nous vous rejoindrons ce soir pour avoir l’air de rentrer après une longue journée de chevauchée.

— Ce ne sera pas tout à fait mensonger.

— En effet. Fait attention à toi et ne te laisse pas faire s’il te tombe dessus, d’accord ? »

Je hoche la tête d’un air entendu, un petit sourire aux lèvres. Avec ce que nous avons vécu ces derniers jours, j’avoue que pour une fois la confrontation prévisible avec le chancelier ne m’effraye pas. Le fait qu’il ne m’aura pas par surprise y contribue certainement. D’un discret mouvement de jambe, je demande à Artiste de s’approcher de Chance et je serre brièvement la main de mon Garde préféré. Ensuite, sans un regard en arrière, je m’éloigne en compagnie d’Oedun avec quelques lutins natifs de Montay qui vont nous guider sur ce dernier bout de chemin.

Nous arrivons rapidement, mettons pied à terre et attachons nos chevaux à l’abri des arbres qui bordent cette partie de l’enceinte du château, dans laquelle est camouflé le passage que nous cherchons. Encore une fois nos discrets compagnons de voyage nous aident : certains restent avec nos montures pour les surveiller autant que pour les protéger, d’autres nous montrent la porte et nous l’ouvrent. Nous sommes alors stupéfaits, avec Oedun, de trouver Laus de l’autre côté. Il patientait tranquillement en compagnie de Niña. Les deux artistes se font l’accolade, j’ai le droit pour ma part à une superbe révérence et à un baise-main auquel je réponds par un éclat de rire. Il n’y a plus de malaise avec le sculpteur, j’en suis maintenant certaine. Mais il ne nous laisse pas le temps de discuter, nous entraînant à sa suite pendant que la Danthienne quitte son épaule pour la mienne, glissant ses petites mains dans mes cheveux. Sa simple présence est pour moi une saine récompense à tous mes efforts.

« Vous avez réussi ! »

Ce n’est pas une question, évidemment, car les lutins qui les ont prévenus de notre arrivée lui ont certainement résumé les dernières semaines. Il y a de l’admiration dans la voix de Niña, mais aussi du soulagement. Je lui réponds que nous lui raconterons tout, avec Oedun, dans les moindre détails. En attendant, je demande à Laus pourquoi nous sommes contraints de marcher si vite :

« Le chancelier d’Etressange est arrivé il y a de cela deux heures. Il ne l’a pas réclamé explicitement mais il aimerait de toute évidence vérifier que votre convalescence se passe bien. La jeune Fanny a eu la présence d’esprit de prétexter que vous souffrez de maux de tête et que vous vous reposez depuis le milieu d’après-midi. Mais nous devons vous faire retirer au plus vite ces vêtements et vous remettre une attelle : vous êtes attendue au dîner de ce soir. »

Laus connaît Montay par cœur, aussi bien que ses cousins. Il nous fait passer par des petits escaliers, des couloirs peu usités et nous parvenons à l’appartement bleu qui m’avait été confié. Fanny me prend alors en charge, pendant que les deux artistes se retirent pour prévenir Claude de notre arrivée, ne serait-ce que pour nos montures qu’il faut récupérer et rentrer à l’écurie. Je n’ai pas le temps de passer par la salle de bains, je me lave de façon sommaire puis je change complètement de vêtements. Je soupire d’aise jusqu’à ce que de nouveau mon bras droit soit emprisonné, cela ne m’avait pas manqué. Pourtant, mon subterfuge a tout de même l’avantage de cacher les cicatrices de la morsure. Fanny me grime un peu pour me faire paraître plus pâle que je ne le suis, me brosse soigneusement les cheveux, les tresse puis me regarde :

« Bon, on pourrait presque croire que tu as vraiment la migraine, mais sincèrement tu avais très bonne mine en arrivant, cela t’a fait du bien cette chevauchée !

— Oui, mais ce n’est pas le moment de m’en vanter, je vais essayer de prendre un air fatigué… »

Nous rions ensemble, ravies de nous retrouver autant que de jouer cette blague. Mais déjà il nous faut quitter la chambre : je dois rejoindre le séjour, saluer Isabelle et les siens tout en donnant l’impression de les avoir vus ce midi, puis donner le change au chancelier. Je prends tout mon temps pour descendre, afin de donner l’impression d’être plus lasse que je ne le suis et encore attentive à ne pas faire de faux pas.

Lorsque j’entre dans la salle à manger, Geneviève et Camille font la conversation à d’Etressange. Cela me rassure, je ne serai pas seule pour l’affronter. Je le salue après avoir fait un simple signe de tête aux femmes de Montay, les rassurant faussement en leur disant que ma migraine est passée. Le chancelier ne me lâche pas des yeux, me jaugeant et j’essaye de faire semblant de ne pas m’en apercevoir. Malgré moi, malgré la belle assurance que je croyais acquise, je me suis dans mes petits souliers. Pourtant il fait preuve de délicatesse, mais je suis plus tentée de mettre cela sur le compte de son incroyable capacité à manipuler.

Il me demande de mes nouvelles, je lui réponds poliment que mon bras semble guéri et que mon attelle me sera retirée prochainement. De ce fait, j’espère pouvoir me remettre assez vite à cheval pour rentrer sur la capitale :

« Vous n’aviez pas des côtes brisées ?

— Il semblerait que le mal n’était pas aussi grave, heureusement pour moi. »

Je sens qu’il tâte le terrain, tourne autour du pot. Mais ce soir je ne m’offre pas à lui en victime affolée par sa simple présence. Lorsqu’il me demande des nouvelles d’Arthus, je lui avoue que je m’impatiente de son retour, qui ne devrait pas tarder. Je ne m’attarde cependant pas car je n’ai nulle envie d’offrir quelque chose de personnel à cet homme, même sous la forme d’un mensonge.

C’est peu après cette entrée en matière qu’il est justement annoncé l’arrivée des Gardes Royaux. Isabelle et Camille se précipitent sous prétexte de prendre des nouvelles. Pour ma part, je dois faire semblant d’être toujours un peu souffrante, je les suis à un moindre rythme. D’Etressange ne laisse pas cette occasion passer :

« Roanne de Niwerand ! Je tenais à ce que vous sachiez que je ne crois pas un mot de toute cette mascarade ! »

Je m’arrête et me tourne vers lui. À ma grande surprise, il se penche sur moi comme s’il cherchait la trace d’un parfum. Je prends de justesse un air innocent :

« Je ne comprends pas ce que vous voulez dire !

— C’est qu’il est étrange, voyez-vous, qu’une jeune femme convalescente qui a passé son après-midi à se reposer, sente si fort le cheval. »



...
publié dans : Dans les pas de Roanne communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Commentaires

AHAH ! Je le sentais ! Je sentais qu'il allait ramener ses fesses et faire ch*** son monde le chancelier ! Ahem. pardon pardon pour cet emportement...

Je suis très intriguée par la manière dont Roanne va se sortir de ce pétrin (si elle s'en sort). Vivement le weekend prochain ! ^^
commentaire n° : 1 posté par : Nyna (site web) le: 27/04/2008 16:16:24

Chassez le naturel et il revient au galop, tel est pris qui croyait prendre, il me plait vraiment bien ce d'Estressange, hé hé !!! Bises, Adû

commentaire n° : 2 posté par : Adûnä Faël (site web) le: 28/04/2008 14:01:33
Rooo les hypocrites !!! On revient de s'être tapé du bon temps, et on fait la migraineuse pour le chancelier ! (vi, se faire machouiller par une abération, ça peut être du bon temps pour un adepte de Masoch évidemment hé hé)
M'enfin, c'est pour la bonne cause, ce sournois, j'peux pas l'encaisser de toute façon..
Bonne semaine ma belle
commentaire n° : 3 posté par : sieglind la dragonne (site web) le: 28/04/2008 15:47:58

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